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JOS
 
1. PROLOGUE : DES RACINES SANS LES AILES. 
FRUCTUS OK, MAIS CRÉTIN ? PUTAIN… ÇA DÉMARRE MAL.
 

 
On dit que l’on porte les marques du destin familial de génération en génération. Dans mon cas, il suffit de remonter à deux générations pour comprendre mon départ difficile. Jugez plutôt : mon grand-père s’appelait Fructus. D’un fruit défendu à l’autre qui serait pourri, ça ne soutient pas mon envol. Avant lui, il y a mon aïeul : c’est là en fait que le fruit se gâte, car il s’appelle Crétin ! Je l’apprends en pleine poire. Comment pouvez-vous, avec un nom pareil, ramener votre fraise ? Ça me file une telle châtaigne que j’en tombe dans les pommes, mais comme j’ai toujours la pêche, je m’arrange pour ne pas compter pour une prune.  
Dans mon enfance, comme ma petite mère, on me dit nunuche. Naïve en tous les cas. Effacée, sans aucun doute. Tête en l’air ? Assurément, comme l’illustre mon premier jour d’école. Accrochée à la main de mon grand-père, je n’ai pas vu le poteau qui se dressait sur mon passage. J’ai donc fait mon entrée à l’école avec une bosse, celle des maths sûrement.  
J’ai ignoré pendant des années que mon père était venu me voir à la maternité. Pourquoi me l’avoir caché ? Quel dessein tordu pouvait avoir motivé ma chère Maman ? 
De leur couple, j’ai eu peu d’informations. J’ai appris sur le tard que Papa l’avait vraiment aimée, mais qu’il n’avait pas été heureux. De leurs rares unions charnelles, deux ont été significatives puisque sont nés deux enfants. On aurait dit que ces ébats étaient mûrement réfléchis. Mon frère aîné a sûrement été conçu sur une chaise, ce qui d’emblée le prédestinait à une carrière de fonctionnaire, et un esprit plus coincé. Quant à moi, ils ont choisi la fraîcheur d’une tonnelle, j’avais toutes les senteurs florales flottant sur moi pour me distiller un peu de l’esprit bohème. Ajouter à cela que la tonnelle abritait le vin et l’on comprendra tout de suite ma facilité à apprécier les bonnes choses. Un tantinet plus épicurienne que mon frère. 
(…)  
 
2. ENFANCE : LA BONNE SÉRIE CONTINUE. 
DANS LA FAMILLE « PAS DE BOL », JE VOUDRAIS LE GRAND-PÈRE ? NON, PIOCHE !  
LA GRAND-MÈRE ? OUAH ! MAUVAISE PIOCHE.  
JOKER ? VOILÀ MON FRÈRE… QUOIQUE.  

 
 
Maman a donc choisi de signifier son congé à mon père, le jour de mon arrivée sur terre. « Ce n’est pas la peine de revenir, René ! » En une seule phrase, c’en était fait de notre famille. Le pauvre homme s’est retrouvé seul dans un appartement, éloigné d’un petit garçon et d’une fille nouveau-née. Ce n’est pas qu’elle ne l’aimait pas, mais Maman vivait sous la domination d’une mère très particulière. Ce qui n’a jamais favorisé ses amours. 
( …) 
Sorti de là, c’était un enfer. Certains jours, je rentrais de l’école et je la trouvais allongée dans sa chambre, un grand mouchoir violet enroulé autour de son cou, qu’elle avait auparavant pris soin de tortiller comme une cordelette. Elle avait tant serré le cordon que son visage avait viré dans les mêmes tons, violacé, presque pourpre. Machinalement, je prenais les grands ciseaux noirs qui se trouvaient dans le tiroir de la petite table de nuit et je dégageais la gorge de ma Grand-mère. Je ne saurais dire si cela est arrivé dix fois ou même vingt fois, je me rappelle juste que je savais où trouver les ciseaux noirs…comme par habitude. 
La relation que ma Grand-mère avait avec les hommes était particulière. Dans sa maison, elle régnait en maître et ne supportait pas que l’on se dérobe. 
Mon grand-père a toujours subi sa gouverne, avec plus ou moins de facilité.  
Ensemble, ils avaient aussi un fils, Paul. Mon oncle n’avait pas supporté la relation trop compliquée qu’il entretenait avec sa mère, aussi, après son mariage il avait mis de la distance. Les seuls liens qu’il maintînt furent ceux qu’il avait avec sa sœur, Maman. Mon oncle ne revit vraiment sa mère que le jour de son enterrement. 
Ma mère, quant à elle, avait une peur panique de ma Grand-mère et n’aurait jamais osé manifester le moindre signe d’émancipation. Aussi, quand mon aïeule décida un jour qu’il fallait un homme à sa fille, elle n’a pas bronché. Cette décision n’était pas motivée par une envie de se débarrasser d’elle. « Mais un homme c’est utile, du moins au départ», pensait ma Grand-mère. D’après une lettre de mon père, elle avait bien été l’instigatrice de leur mariage. 
 

Karinne Radburn Michel

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